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ême si on ne sait pas exactement quand et part qui le vin fut implanté en Bourgogne, il est sûr que les lieux ont depuis toujours appelé à la culture de la vigne, et les hommes présents ont su en apprécier son vin.

Les Romains en 100 après J.C. écrivent déjà au sujet des vignes de la régions de Beaune en les qualifiant "d'anciennes et d'admirable".

C'est au cours du VIe siècle que le vignoble bourguignon rayonna à l'échelon européen en particulier sous l'impulsion de deux communautés religieuses: l'abbaye de Cluny et l'abbaye de Cîteau. Il était dégusté et apprécié dans l'Europe jusque à la table des Papes.

Les premières réglementations visant à garantir sa qualité et sa renommé arrivèrent avec le règne des ducs de Bourgognes, il fut ainsi interdit de produire du vin rouge en Bourgogne avec le gamay et on lui préféra le pinot noir pour ses valeurs gustatives. L'extension de la Bourgogne au XIVe et XVe siècles et son influence sur l'Europe propagèrent la renommée de ses vins.

Les vignobles continuèrent de prospérer au fil des périodes, en changeant de propriétaire en particulier lors de la Révolution Française, où la noblesse et le clergé furent dépossédés de leur bien au profit de particuliers.

C'est sous l'ère Napoléonienne que le vignoble bourguignon commença sa fragmentation avec la législation de la propriété et du partage lors des héritages.

Le XIXe siècle fut également le siècle des maladies pour les vignes bourguignonnes successivement le mildiou puis le phylloxéra, qui eurent de lourdes conséquences sociales et économiques. Il fallut greffer nos cépages sur des pieds de vignes "américains" et tout replanter. C'est en 1861 que le comité d'agriculture de Beaune esquissât un "plan statistique des vignobles produisant les grands vins de Bourgogne" dans le but de garantir l'origine et la qualité du vin lors des transactions. Dès lors les viticulteurs eurent comme objectif de faire reconnaître leur terroir, lutter contre la fraude et garantir la qualité de leur vins pour assurer leurs renommés. Ils s'associèrent pour contrôler localement toutes les étapes de la production.

De là naîtront à partir de 1936 les appellations d'origine contrôlée (AOC), puis les premiers crus et les grands crus.

Cette volonté de reconnaissance de l'origine de nos vins, associés à un territoire extraordinaire, a conduit au fil du temps à la création des fameux "Climats", spécificité du vin bourguignon, aujourd'hui reconnu patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2016.